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Mot d’ouverture

Georges Azzaria

C’est à une séance un peu particulière sur la méthodologie et l’épistémologie juridiques que nous sommes conviés aujourd’hui. Lors des deux premières journées d’étude[1], des juristes sont venus discuter de méthodologie et d’épistémologie autour de questions telles : comment réfléchir sur droit, où se situe-t-on lorsqu’on regarde le droit, quelle méthodologie utiliser, etc. Cette fois-ci, ces questions seront examinées d’une tout autre perspective et c’est pourquoi le colloque a pour titre « le droit vu de l’extérieur : regards de non-juristes ». Ceux et celles qui vont prendre la parole ne sont pas des juristes, mais s’intéressent au droit et en traitent par le biais de leur discipline respective. Nous forcerons, en quelque sorte, une forme d’interdisciplinarité ou, du moins, nous tenterons de susciter un dialogue interdisciplinaire. Nous serons aussi témoins des représentations que les non-juristes se font du droit et des juristes.

L’interdisciplinarité est un thème qui a occupé nos journées d’étude précédentes. Plus d’une fois, des intervenants se sont demandé si les juristes qui s’enferment dans le droit occultent une partie de la réalité qu’ils décrivent. L’interdisciplinarité demeure également un défi pour les autres disciplines. On reproche beaucoup aux juristes de tenir un langage hermétique, de mettre de l’avant un savoir d’expert qui exclut les non-juristes du champ de droit, mais ce reproche pourrait également être adressé aux philosophes, aux politologues et aux sociologues, qui ont aussi l’habitude de travailler en vase clos. C’est du moins ce que nous pourrons vérifier.

Aujourd’hui nous allons parler de droit, évidemment, mais nous n’apprendrons pas de nouvelles règles juridiques, car tel n’est pas le but de l’exercice. Le projet n’est pas non plus d’évaluer les connaissances juridiques de nos conférenciers. Le droit représente un point de convergence disciplinaire et il ne se réduit pas uniquement aux lois et à la jurisprudence. Il représente beaucoup plus et ce sont les composantes non juridiques du droit – le fondement de règles, le rôle des acteurs dans l’élaboration et la mise en œuvre du droit, le système juridique … – qui intéresseront ce colloque.

Nos conférenciers n’ont pas étudié en droit et c’était d’ailleurs un prérequis pour prendre la parole aujourd’hui. J’aimerais saluer leur courage et les remercier d’avoir accepté de venir ici parce qu’il peut être inconfortable de parler de droit à des juristes, sans être juristes. Nous constaterons, j’en suis convaincu, qu’un non-juriste peut parler de droit sans être un imposteur et que ce regard externe a quelque chose à apprendre aux juristes.

Nous aurons deux tables rondes d’une durée d’une heure et demie chacune avec quatre conférenciers. Deux juristes animeront les débats. Ce sont des tables rondes et chaque conférencier aura une dizaine de minutes pour présenter son propos et nous aurons ensuite du temps pour discuter des enjeux soulevés.

[1] Pour consulter les actes de ces journées, voir le numéro spécial paru dans Les Cahiers de droit, vol 52 (3-4). Voir également AZZARIA, Georges (dir.), Les cadres théoriques et le droit. Actes de la 2e Journée d’étude sur la méthodologie et l’épistémologie juridiques, Cowansville, Éditions Yvon Blais, 2013.

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